If it works in Africa…

ifitWorksInAfrica

Il y a une phrase que j’aime beaucoup: “If it works in Africa, it will work anywhere”. A priori, cette phrase semble partiellement (voire totalement) fausse. Tout dépend du sens que l’on donne au mot « Work » : fonctionner ou marcher ? Si on traduit « work » par « fonctionner », la phrase semble exacte : l’Afrique étant le continent connaissant le plus de contraintes, si quelque chose fonctionne en Afrique, cela fonctionnera dans le monde entier (la loi de Liebig sur le minimum, en quelque sortes). Par contre, si l’on traduit « work » par marcher, au sens business du terme, le fait qu’un système fonctionne techniquement ne veut pas dire qu’il marchera d’un point de vue business, et l’écart entre les sociétés fait qu’une idée/un business model qui fonctionne en Afrique ne fonctionnera pas forcément dans le reste du monde. A partir de là, il n’est pas utile d’intégrer les problématiques Africaines dans la conception d’un service, si celui-ci est destiné au marché européen / us / mondial.

Vraiment ? Pas si sûr… Pourquoi ? Parce que les contraintes sont une formidable source de créativité. J’en ai fait l’expérience. A l’origine, les Waliidays, salons virtuels de recrutement à destination en Afrique, nécessitaient l’utilisation d’une webcam. Le débit limité et le faible taux d’intégration d’internet en Afrique, ainsi que l’explosion du mobile m’ont fait penser à utiliser un téléphone mobile. C’est de là qu’est né Job2Day, 1er salon de recrutement sur mobile au monde. Et c’est là que ça devient intéressant, car si le concept n’était pas pensé pour la France, il répond parfaitement à de nombreuses problématiques (confidentialité), et se révèle parfaitement adapté. De la même manière, je découvre aujourd’hui à quel point le fait de pouvoir participer à un salon de recrutement à partir de son mobile répond aux besoins de candidats en situation de handicap. En croyant résoudre un problème, on a la surprise de se retrouver à faire d’une pierre trois coups.

Ce constat ne date pas d’hier, a tel point que dans le domaine artistique est née l’idée de « contrainte artistique volontaire », des contraintes que s’imposent les artistes pour stimuler leur créativité (l’exemple de La Disparition de Georges Perec, roman qui ne comporte pas la lettre e). Notre ami wikipedia nous apprend que les contraintes sont à la base de la littérature « oulipienne », et plus généralement de tous les Ouxpo, Ouvroirs d’X Potentielle. L’idée est bien résumée par cette phrase de Baudelaire à propos de la forme sonnet : « Parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense ! ».

En Afrique, si les contraintes ne sont pas volontaires, elles sont bel et bien présentes, et sont sources d’une créativité inouïe. Erik Hershmann en a fait un site : www.afrigadget.com.

J’apprécie particulièrement la créativité par la contrainte car, par définition, le résultat permet de répondre à un problème concret. Ce n’est pas un hasard si le 1er slide de la fameuse présentation 10/20/30 de Guy Kawazaki est consacré au problème : en évoluant dans le monde des startups, on se rend compte que beaucoup d’entre elles créent des solutions à des problèmes qui n’existent pas. Le fait de répondre à un problème n’est pas un gage de succès, ni même une obligation pour la réussite d’une startup (à quel problème répond twitter ?), mais c’est une énorme valeur ajoutée, car si vous résolvez un vrai problème, vous trouverez peut-être quelqu’un prêt à payer pour votre solution.

En résumé, il serait bon que les nouveaux services (web, mobile et autre) prennent en compte les contraintes du continent Africain, non seulement parce que cela permettrait au plus grand nombre d’accéder à ces services (en Afrique et ailleurs), mais ce serait également une formidable source de créativité.

C’est bien beau, mais comment enclencher le mouvement ? Peut-être en regardant du côté du domaine des logiciels libres. Dans le domaine du libre, on parle souvent des notions de copyleft (weak or strong) et de viral licensing. L’exemple classique est celui de la licence GNU-GPL. Cette licence est dite « virale » dans le sens où si pour développer un logiciel A, j’utilise un code source B sous licence GNU-GPL, le code source B contamine la totalité du logiciel A qui devient lui-même GNU-GPL.

L’idée serait donc d’avoir une licence « worksinafrica », qui répondrait à certains critères d’accessibilité, et qui serait « virale ». Tous les logiciels souhaitant utiliser des codes sources sous cette licence devraient respecter les critères « worksinafrica ». La viralité permettrait de répandre ces bonnes pratiques, pour le plus grand bien de la créativité et de l’accessibilité. Une sorte d’Ouvroir de Logiciel Potentiel, ou « Oulogpo ».

Bien évidemment, encore faut-il définir ces critères (l’Afrique est un continent, pas un pays), mais une définition de critères minimaux est sans doute possible. Il faut également créer les 1ers codes sources « workinafrica », et de ce côté-là, l’expansion des Cantines africaines (iHub, activSpaces, …) peut contribuer à créer une communauté de développeurs capable de générer cette matière première.

Qu’en pensez-vous ?

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Critique de TEDx : un double crime sur la ligne Maginot !

Double crime sur la ligne Maginot

Ce billet est une réponse à celui de Jean-Noël au sujet du TEDxParis du 15 janvier 2011 (hier).

Vous trouverez cet article ici. Comme je suis souvent d’accord avec lui, je me suis dit que cela valait la peine d’expliquer pourquoi, cette fois, je n’étais vraiment pas d’accord.

——————-

Cher Jean-Noël,

Nous ne nous connaissons pas mais je lis souvent avec interêt tes publications ici et . J’ai même cru un temps que Jean Nouvel tweetait de façon intelligente à cause de toi.

Je vais essayer de répondre à ton billet sur TEDx. N’étant pas à une contradiction près non plus, ce ne sera pas évident. Et puis, surtout, tu as pris le parti de la critique, nécessaire, et soin d’avertir du « mauvais esprit », ce qui ne donne pas beaucoup de prise à une réponse circonstanciée, un débat. Critique et mauvais esprit, en France, cette grande nation d’innovations, ce peuple de révolutionnaires, c’est un peu comme quand on dit « perché » dans une cour d’école : tu peux dire n’importe quoi, c’est « cool » parce que c’est supposément différent de la parole dominante, celle du gros chat. Celui-ci étant américain, on l’appellera « fat cat ».

Pourquoi tant de préalables d’ailleurs ? Se demander s’il fallait « se payer » TEDx ? Prévenir du « mauvais esprit » donc ?  Conclure sur tes « contradictions » ? Mais je pense qu’un long billet mérite autre chose qu’un faux clash par munition de 140 caractères. Ton point de vue est sans aucun doute suffisamment pertinent et instruit pour que j’essaie de te convaincre que tu te trompes de guerre camarade !

Pour moi, la seule vraie question qui se posait hier : fallait-il tenir un tel événement au moment où une vraie révolution soulevait et transformait la Tunisie ? Fallait-il tout arrêter et manifester ? C’est une vraie question. Mais toi comme moi, apparemment, nous avons préféré passer notre après-midi à écouter des interventions au format « TED » et nous avons même pris le temps d’écrire. Etre ou ne pas être à la TEDx, était la question… mais de grâce, en dehors de cet atermoiement, qu’est ce que Ben Ali vient faire dans cette gentille conférence, parfois gnan-gnan, peut-être, toujours bien pensante, bien sûr, mais il me semble assez déplacé de se donner bonne conscience en rapprochant l’agenda culturello-geek parisien de la semaine du 7 janvier avec les événements qui ont libéré tout un peuple sur un autre continent. Certes, tu avertis le lecteur par un gros panneau : « digression ». Perché là encore ? Donc, voici pour la forme, mais le « fat cat » ne lâche pas l’affaire…

Passons au fond. D’abord, mauvais esprit, on peut apprécier. Mauvaise foi, moins. Tu as donc assisté comme moi aux interventions du TEDxParis d’hier et nous ne pouvons pas dire que plusieurs talkers n’ont pas exhorté l’assistance à changer radicalement de modèle, quitte à prendre à revers de grandes entreprises mécènes, c’était le cas de Pierre Rabhi, d’Elisabeth Laville et de Nicole Turbé-Suetens. Je prends à partie ce bon compte-rendu de la journée d’hier http://www.brocooli.com/penser-le-monde/tedxparis-2011-resume/

Par ailleurs, l’histoire des révolutions, c’est toujours des bourgeois bien pensants qui prennent le parti de ceux qui souffrent. Les frères Gracchus, la Révolution Française (lire Histoire de la Gauche caviar de Laurent Joffrin, qui disait souvent des choses intelligentes avant de parler d’Internet). Et Jean Jaurès, Karl Marx, Charles Fourier ? Ce n’est pas parce que Jack London, sans doute meilleur grand reporter qu’auteur de science-fiction pour la postérité, nous présente le cercle des  « Philomathes » du Talon de fer qui « font mine de s’ouvrir aux nouvelles idées » mais « ne cherchent rien d’autre qu’à pérenniser le système social qui les favorise, et à se distraire » que nous sommes condamnés au cynisme. Oui, les cercles littéraires ou philosophiques ont toujours permis d’instruire d’honnêtes femmes, honnêtes hommes et c’est en fait là où nous sommes totalement d’accord : notre époque manque de conscience et de culture politique. Mais on ne peut pas reprocher à TEDx qui s’attaque à ce problème – à sa façon certes – d’en être la preuve ou la conséquence.

De même, le grand capital, c’est mal. Hmm, oui, c’est (trop) souvent vrai, les affaires du Mediator, de Karachi, des OGM de Monsanto, et bien (trop) d’autres m’enragent. Mais ne passons pas de l’autre côté du cheval et heureusement, notre monde et l’histoire qu’il écrit ont plus de nuance. Tu prends Dassault en exemple (avec qui je n’ai aucun rapport professionnel ou personnel). Qui se rappelle de l’histoire surprenante de cet homme politique ridicule, doyen de l’Assemblée Nationale en mai 1981 celui qui faisait des cadeaux à ses administrés comme pour acheter leurs votes et tenait sa tribune du « Café du commerce » dans Jour de France ? En effet, Marcel Dassault, alors encore Marcel Bloch est parti dans le dernier convoi pour Buchenwald (NDLA : je ne vise pas le point Godwin !), chétif, maladif, il n’a la vie sauve que grâce aux communistes internés qui décident de sauver ce patron réactionnaire (pour le jeu de mot et pour Dassault, on pourrait même dire « à réaction ») juif et qui avait refusé de collaborer. Après la guerre, devenu Marcel Dassault (nom de résistance de son frère aîné adoré, le général « Chardassault », un des premiers à avoir rejoint De Gaulle à Londres) il devient le plus généreux donateur de… L’Humanité ! Et oui, bien avant TEDx, Dassault a soutenu L’Humanité, le journal de Jaurès, la voix du Parti Communiste Français. Fou, non ?

C’est ça la beauté du monde qui passe et de celui qui vient, car comme dirait mon idole Joey Starr, « tout n’est pas si facile, tout ne tient qu’à un fil ! » et justement, ce que j’aime chez TED(x), c’est l’histoire d’hommes et de femmes qui ont une expérience (plus qu’une idée d’ailleurs) à partager. Et c’est  là que tu m’étonnes ! Dans le fond, nous souscrivons tous aux idées présentées. Entendre Pierre Rabhi parler, c’est tout de même politique, ou alors, je ne comprends plus rien ! Se faire houspiller à coups de bons sentiments et asperger d’ « esprit positif dégoulinant », c’est parfois lassant – je te le concède volontiers – mais le principal c’est bien de faire avancer la cause ? Que ceux qui proposent des solutions alternatives soient entendus ? C’est quoi la politique et l’engagement citoyen sinon ? Et puis, pour rappel, c’est une « bande de bénévoles », qui n’a aucune ambition politique, qui pourrait faire du karting ou du macramé (ou militer d’ailleurs), mais qui a choisi de donner son temps pour donner la parole à des esprits brillants et souvent détonnants. Après avoir pour ma part prôné pendant près de 10 ans l’ouverture et la gratuité de tous les événements (jamais un des événements du Silicon Sentier, ou que nous avons pu « produire » à La Cantine n’a été payant), je comprends que le prix puisse choquer – en évitant toutefois l’arithmétique démago du prix de la place en équivalent SMIC. Mais en tant qu’organisateurs de centaines d’événements, je sais aussi que le prix donne des moyens d’abord (l’organisation hier était d’une qualité remarquable), de la valeur aussi et… de l’autonomie. Pour assister à de très nombreux « raouts » de ce type, TEDx, c’est ce qui existe de plus varié en terme de public : jeunes et vieux, hommes et femmes, etc et où voyez-vous des agriculteurs militants écoutés comme des stratèges par des directeurs généraux de multinationales ? Ainsi, il était surprenant de voir Jean-François Noubel nous faire respirer dans une paille pour nous expliquer l’aspect psychologique et conditionné de la « valeur de rareté » dans un événement à 90 euros dont les places se sont vendus en moins de 10 minutes sur Internet ! Tu aimes les contradictions, te voilà servi.

Selon moi, pour avoir souhaité, participé, soutenu, accompagné l’arrivée de TED en France sous sa déclinaison autogérée (full disclosure : faberNovel dont je suis le fondateur et dirigeant est le partenaire historique de l’événement depuis sa première édition, gratuite, à La Cantine, et j’ai aidé personnellement au comité de programmation), tu en as parfaitement rappelé les principes, ce n’est pas uniquement se donner bonne conscience et flatter des égos. C’est parce que justement, ce qui nous manque, ce sont des « formats ». Sur twitter hier, je t’avais rappelé la comparaison Steve Jobs vs Xavier Niel. Le fond n’est pas notre souci. Notre gros problème est dans la forme. Artiste et innovateur, tu connais la valeur de la contrainte pour créer. Six, douze ou dix-huit minutes, cela nous change des tables-rondes molles ou chacun « vend sa sauce » sans jamais vraiment écouter l’autre. Cela pousse des astro-physiciens à rendre clair une masse hallucinante d’informations et de connaissance. C’est l’anti Google + Wikipedia en fait. Comme Bernard Werber l’a assez peu habilement (j’essaie de rester aussi impartial que possible) expliqué hier la valeur de l’homme face à la machine, c’est une vraie œuvre de création.

Aussi, l’éloquence a été trop longtemps négligée. Et je ne vois pas pourquoi on appellerait forcément « story telling » en s’en moquant ce que les antiques appelaient la rhétorique et ce que Shopenhauer, ce grand comique à oreillette impéraliste comme Beyoncé ou Lady Gaga, théorisait dans « L’Art d’avoir toujours raison ». Pour connaître un peu Rafi Haladjian et l’avoir souvent écouté,  je mesure l’effort qu’il a fourni hier. A ce titre, le meilleur « talk » de ce TEDxParis 2011 était à mon sens celui d’Etienne Parizot, chercheur et astrophysicien, qui a dû bosser comme un dingue pour rendre accessible un travail aussi complexe. Nous serons évidemment d’accord pour que les chercheurs rendent leurs travaux accessibles, que les découvertes soient au plus vite partagées par tous… Nous savons tous que lorsqu’il s’agit de présentation, de « show », nous ne sommes pas à l’aise et nous cachons derrière la profondeur de nos propos, notre sincérité (une autre intervenante hier, Francine Leca disait elle-même qu’elle ne voulait pas faire trop « show off » mais qu’elle s’y résignait volontiers pour marteler la valeur de sa mission). Alors, voilà, TEDx, c’est comme faire ses gammes. Le jour où nous serons au niveau, nous n’aurons pas forcément singé les « américains », nous serons sans doute meilleurs. On n’improvise pas sans connaître parfaitement ses gammes. Et pour cela, je remercie très sincèrement l’équipe d’organisation de mettre en pratique ce principe.

Alors oui, TEDx est utile. C’est un élément de plus, un exercice, pour nous rendre tous plus efficaces et ne pas laisser notre chère Madame Michu de côté. TED est confidentiel, pour les nantis, les bobos ? Je partage ta lassitude des envois de vidéo TED pour tout, comme on se référerait à une page du manuel des Castors Juniors face à une question de fond mais les chiffres sont là : c’est une initiative autonome qui a présenté des idées nouvelles, riches, porteuses de sens pour des millions de personnes.

Donc voilà un développement un peu long, mais que je te devais car je comprends tes points, tes contradictions mais qu’elles me semblent nous éloigner de nos vrais sujets. L’innovation-saucisson, elle me fatigue aussi. Notre truc à nous, c’est la liberté, le partage et l’élégance : radio libre, logiciel libre, design, innovation urbaine d’Haussmann aux open data de Rennes, la mode, …

Alors voilà, ne nous trompons pas de guerre, et souhaitons nous, de prendre le bon côté de notre histoire, et de ne pas devenir (rester ?) des designers de ligne Maginot…

Au plaisir de te rencontrer prochainement,

S/.

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Getting an Annual Velib Subscription.

Or, how bureaucracy and security norms can kill almost any good thing.

Background: Velib has 20,000 bicycles for hire (free for < 30 minutes at a time) everywhere in Paris. This combined with a fairly bike-friendly infrastructure means that getting around Paris by bicycle is a dream.

In order to use the Velib bicycles you must first purchase a pass, sold by the day for €1 or the week for €5. Passes are purchased at the Velib kiosks and require a credit or debit card with a chip in it. While many Parisians have such a card, Americans do not. (The one exception that I am aware of is American Express Blue, however you must make a special request of Amex to please issue you a card with a chip in it. And note that while Velib will accept an Amex Blue card with a chip, none of the subway or train vending machines will, so it doesn’t really do you much good in France.)

How to use your pass:

First check the line of bicycles and select one which is in good operating condition. Flat tires, etc. are common. Don’t forget which number it is. Now go to the kiosk and enter your 8 digit pass number and your 4 digit PIN code. Enter the bike number. Press more buttons agreeing to take care of the bicycle. There appear to be some bugs in the kiosk software that result in this process getting short-circuited back to the beginning, so you might have to do the whole thing two or three times.

But, Ho! what’s this we see? Some people just come up to the row of bicycles, wave a card over the locking mechanism, remove the bicycle and leave. What magic is this? How did they avoid the rather tedious process of interacting with the buggy kiosk software?

It is called a Navigo card. A contactless stored value smart card which is used for subways, trains, and buses. You charge it up weekly or monthly then just swipe to get through the gates at the stations. Somehow these people have tied their Navigo card to their Velib account. How did they accomplish this? Just a few…ah…simple…um… »steps »:

Step -6 (that is a minus sign, not punctuation for emphasis): First you must obtain a Navigo card. Spend lots of time on the Velib website and ask three friends to interpret. Is it saying that you need a Navigo to get an annual membership? And yet there is no link from the Velib.paris.fr site to the Navigo website. Yes, friends say, I need a Navigo card. Go directly to Navigo website. Finally understand that I want a regular Navigo instead of a Navigo Découverte, and make application online. Unfortunately, before I can apply I must:

Step -5 Get a permanent address. Neither Navigo nor Velib will give you anything without a permanent address, so you must find an apartment in Paris. That is a story for another blog (please provide 10 year salary and rental history in Paris for yourself and your personal financial guarantor).

Step -4: Get a Navigo card. Website is all in purple and white. The link to actually get a card looks exactly like a graphic, and not a link at all. I need an electronic passport-style photo. Thankfully I have a camera, take the photo to the special specifications, am able to crop it and upload it. Fill out form online. Push button to send! Ten days later I receive my Navigo in the mail. Excellent! Now I can…

Step -3: Go to the kiosk thinking that I will be able to purchase an annual Velib pass (only €29 for 1 year, I can’t wait) at the same kiosks where I can purchase the daily or weekly passes. I assume that it will let me « charge up » my shiny new Navigo card with the annual pass information. No such luck. Annual Velib passes are only sold online or in some train stations (try finding one that will sell you one however, after I stood in a long line, the man behind the counter told me that they definitely did not sell Velib passes) or post offices.

Step -2: From the Velib.paris.fr site I learn that I need a French bank account with RIB code. That Amex Blue card that I told you about before won’t do you any good now. Forty-five days after first stepping into an HSBC bank in Paris, I get an RIB code and a bank card with a smart chip in it. (45 days was what it took to open the accounts, transfer lots of money, get phone calls in the middle of the night from New York office even though they know we live in Paris, get email, snail mail, phone mail codes all of which have to put together in synchronized fashion to get my very secure bank account and then, do it all over again to open one in Paris– impossible to do it all online in 24 hours, as it would be done for a local US bank account).

Step -1: Get my annual Velib membership! Go to website. Link options are down the right side in descending order: « Access my account; Activate my account; Non-subscribers (pre-subscribe). So, now I will « pre-subscribe. » I fill out the long form online. I have all the parts (a bank account, an address, a Navigo card number). At the end of the form it says, please print this out, sign, and mail. What’s that all about? Someone is just going to have to re-enter all this information on the other end.

Step +1: Still waiting for my annual Velib membership codes to arrive in the mail…

Meanwhile, Velib is wonderful and I am loving riding all over Paris.

***

Robin Chase is a transformation innovator. She is co-founder and former CEO of Zipcar, the world’s largest Carsharing company, and founder and former CEO of GoLoco, a company that combined social networks with ridesharing. She advises cities, states, and national governments on transportation, innovation, and wireless technologies. Robin recently moved to Paris.

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First Impressions…

«Viadeo? Never heard of it! » S’installer ici c’est d’abord une leçon de modestie
« Long is the road ! »

L’Europe et les pays émergents: c’est aujourd’hui 100% du business de Viadeo!
Les US ? Clairement pas un marché prioritaire pour nous… quoique…enfin pas tout de suite 
Pas facile, dans ces conditions d’expliquer les raisons qui ont conduit à l’ouverture de nos bureaux à SF. Pourtant, je vous assure, il y a une vraie logique derrière tout ça et « we’re here to stay ! »

Premier argument, en tous les cas celui qui a la primeur lorsque nous nous adressons à nos nouveaux voisins : « SF is a such an awesome place ! ». Et c’est vrai que, malgré un climat pour le moins surprenant (sauf pour un breton), les atouts de cette ville sont nombreux. Un site magique, la mer, une population bigarrée, jeune, dynamique et avec un vrai sens de l’hospitalité. Des valeurs qui ne peuvent nous laisser insensibles puisque ce sont celles de Viadeo.

C’est vrai donc que ça nous change de Paris. Ni en mieux, ni en moins bien. En différent. Paris, la France et l’Europe en général disposent d’atouts absolument incroyables. Arrêtons de croire que l’herbe est plus verte ailleurs. Les exemples de réussites européennes dans le web ne sont pas si rares, loin s’en faut ! C’est vrai que parfois la richesse et la diversité qui caractérisent notre continent se transforment en freins. La diversité des langues, la spécificité des cultures et des marchés complexifient le développement de nos entreprises. Pourtant c’est aussi clairement une force. Celui qui surmonte cela est armé pour tous les paris. Et puis qu’est-ce que le monde serait triste si nous devions tous nous ressembler, consommer de la même façon, etc. Personnellement, je suis convaincu que la mondialisation c’est le contraire de cette uniformisation qu’on nous rabâche si souvent.

Dans ces conditions, pourquoi ouvrir alors ces bureaux à SF ? SF est bien sûr l’un des endroits les plus créatifs et en pointe aux USA, et s’adapte donc parfaitement à notre façon de voir les choses. Mais, pour être tout à fait honnête, il s’agit aussi et avant tout d’un vrai choix « business ».

Tout d’abord, et ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre, SF est bien « La Mecque » du web et des medias sociaux. Il suffit de se promener dans certains quartiers, de participer à quelques conférences ou de se faire inviter à quelques soirées pour s’en convaincre. Nous ne sommes là que depuis quelques semaines et les opportunités de rencontres, de business pleuvent déjà. Après seulement quelques jours, j’avais déjà eu l’occasion de rencontrer des journalistes de tops medias mais aussi quelques analystes reconnus sur la place… L’avenir est donc plein de promesses.

Et ce qui surprend, lorsque l’on arrive ici, c’est que toutes ces opportunités apparaissent et se déroulent dans un rayon très réduit. SF et sa région concentrent une marée de personnes et d’entreprises toutes plus intéressantes, attractives les unes que les autres. Difficile de savoir par où commencer….Pour Viadeo, avoir des bureaux à SF, c’est le meilleur moyen d’être au contact de l’innovation, des « tendances », des hommes et des femmes qui dessinent les contours de l’univers dans lequel nous évoluons : entrepreneurs, investisseurs, journalistes ou analystes. C’est clairement ici que ça se passe pour beaucoup de choses. On se doit donc d’y être pour rester « à la pointe ».

Mais alors que dire de cette situation géographique qui vous met aux croisements de l’Europe, l’Asie et l’Amérique latine, nos priorités business. Car nous savons parfaitement d’où nous venons et où nous souhaitons aller.

10 chanceux (dont moi), et leurs familles, ont donc ouvert le bal cet été en ralliant nos bureaux de Soma. Architectes, chefs produits, responsable RP, etc.

3 objectifs : la R&D, accélérer encore notre croissance dans les pays émergents (Asie/Amérique Latine) et se faire connaitre et reconnaitre de tous ceux qui font notre « industry », ici à SF. Une équipe qui devrait croitre rapidement avec l’arrivée de nouveaux venus en provenance, entre autre,…de SF.
Objectif à court terme
: disposer d’une équipe d’une 30aine de personnes.

Prochainement, Viadeo organisera une soirée pour fêter l’ouverture de ses bureaux de SF. Comme tout nouvel arrivant, nous sommes avides d’informations et de contacts. Nous serons ravis de vous accueillir et de faire votre connaissance !

***

REA_157563_011 Dan Serfaty (44 ans) est cofondateur et CEO de Viadeo.

Diplômé d’HEC en 1987, Dan Serfaty se lance dans l’aventure entrepreneuriale dès 1990.

En 2000, après avoir successivement redressé une entreprise du secteur touristique et créé une société dans celui du textile, il s’associe avec 2 amis à Créadev, fonds de la famille Mulliez, pour lancer un nouveau concept dans le monde du Private Equity : Agregator, première plate-forme de mutualisation capitalistique pour entrepreneurs, qui prend la forme d’un Club dont l’ensemble des membres sont tous associés capitalistiquement.

C’est dans le contexte de ce Club, et fort du réseau relationnel de ses 400 membres, que Viadeo voit le jour en 2004. Aujourd’hui n°2 mondial des réseaux sociaux professionnels, avec ses 30 millions de membres, Viadeo s’adresse aux entrepreneurs et aux cadres du monde entier.

Basée à Paris, la société emploi 200 personnes et est présente en Chine (Pékin), en Inde (New Delhi), au Mexique (Mexico City), en Europe Londres, Milan, Madrid et Barcelone), au Canada (Montréal) et aux Etats-Unis (San Francisco).

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J’en ai rêvé ! Never Mind the Valley: Here’s Paris !

imagesMarseillaiseDepuis 2003, le plus profond de la crise des « dotcoms » dans le monde mais aussi à Paris et la « relance » du Silicon Sentier j’ai attendu cet article d’un « media de référence » américain… Et après 7 ans de travail, alors que j’ai maintenant quitté la présidence de l’association, il arrive. J’en suis particulièrement heureux. Ce n’est qu’une étape, sans doute pas grand chose, mais une indication, un jalon, pour nous dire que nous sommes sur la bonne route.

Alors, marchons, marchons !

Article de ReadWriteWeb : Never mind the Valley: Here’s Paris

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Réussir en France – c’est possible (?) : le point de vue d’un « kodo »

JDoors with welcome mate suis Tcherno Baldé, je suis né au Gabon d’un père Guinéen et  d’une mère sénégalaise. J’ai grandi au Gabon, au Sénégal et  en Guinée jusqu’à l’âge de 15 ans, où je suis arrivé en  France, et j’y vis depuis 14 ans. A 26 ans, j’ai créé les  Waliidays, 1er salon virtuel de recrutement pour l’Afrique, qui a  permis à près de 2000 candidats du monde entier de passer des  entretiens par webcam avec des entreprises qui recrutent en Afrique.

Quand Stéphane Distinguin m’a proposé d’écrire sur le thème  « Réussir en France : c’est possible », j’ai immédiatement  ajouté un point d’interrogation.

Je pense que contrairement à la croyance populaire, la France est un des meilleurs endroits au monde pour créer une entreprise, du fait de l’accompagnement et des aides que l’on peut avoir. Ceci étant, j’ai une relation ambiguë avec la France. La France est l’endroit  où j’ai le plus passé de temps dans ma vie, le français est la  seule langue que je parle couramment, la marseillaise est l’hymne  que j’ai appris à l’école, et je pense que les mots  « liberté,égalité,fraternité » constituent la meilleure devise au  monde (http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_devises_nationales), et je sais d’où vient cette devise.

Et pourtant je suis étranger ici. La connotation négative du terme  « étranger » (=étrange) m’a toujours gêné. En peulh (ma langue maternelle), le mot étranger n’existe pas. La traduction la plus proche serait « kôdô », qui signifie « invité ». En France, le terme étranger représente bien la façon dont je peux être perçu, et par extension, la façon dont j’ai tendance à me percevoir. C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais demandé la nationalité française, alors même que ça m’aurait grandement facilité la création d’entreprise.

Du coup, est-ce que « c’est possible » ? Je dirai que ça  dépend. Pour moi, c’est vraiment une histoire de portes. Je vois deux types au comportement face à une porte. Le 1er, c’est « le dernier entré ferme la porte ». Le 2e, le comportement qu’on a au  moment de passer le portillon dans le métro : quand la personne passée avant vous vous tient la porte, vous avez naturellement tendance à tenir la porte pour la prochaine personne. En France, on retrouve un peu des deux.

Pour ce qui est de type « le dernier entré ferme la porte » : Dans nos domaines du net, cela se traduit par le fait que c’est souvent le même cercle de personnes qui bénéficie des soutiens publics (du fait de leur meilleure connaissance du  fonctionnement ?), et toujours les mêmes qui lèvent des fonds (ceux qui ont déjà réussi).

Il y des portes qui se ferment à cause du problème de perception des étrangers. On parle actuellement de mesurer l’impact financier de l’immigration clandestine. Il serait intéressant de parler de celui de l’immigration légale. Ici, l’immigré (surtout venant d’Afrique) est vu comme quelqu’un qui va empirer la situation de la France en profitant de ses aides sociales ou en volant le travail des Français (qui n’en ont déjà plus). La formule consacrée est « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Il n’est pas vu comme une source de créativité potentielle. Il n’est pas vu comme un créateur de valeur. Je sais pourtant que personne n’arrive en France avec pour ambition de vivre des aides sociales. Mais on est entré dans un cercle vicieux qui fait que le manque de considération dont souffrent les immigrés, le mépris auquel ils peuvent faire face quand ils sont confrontés aux administrations, tout ceci fait qu’il est presque surréaliste d’imaginer qu’une personne passant par là puisse devenir créatrice de valeur, disons en créant sa propre entreprise.

Cela débute quand on cherche du travail. La procédure de changement de statut (passage du statut d’étudiant à celui de salarié) est une procédure durant laquelle l’entreprise qui souhaite embaucher un étranger doit justifier auprès de la préfecture qu’aucun français n’est capable d’occuper le poste. A la fin de cette longue procédure, en cas de dénouement heureux, l’entreprise doit payer une taxe de 1500€. En cette ère de débats, celui sur la « préférence nationale » n’aura jamais lieu. Les entreprises, qui ont besoin de recruter rapidement, ne peuvent pas se permettre d’attendre l’issue d’une procédure aléatoire qui va durer de 3 à 6 mois. Elles ont aussi tendance à se « faire rembourser » le paiement de la taxe (1500€) en baissant le salaire de l’étranger (cette pratique est illégale mais je l’ai vécue, et il est « amusant » de noter que le fait que ce soit illégal était stipulé dans mon contrat de travail. Du coup, les étrangers ne mettent pas leur nationalité sur leur CV, sinon ils réduisent leurs chances d’avoir des entretiens (même si cela revient juste à repousser le problème).

Et cela continue encore quand on veut créer une entreprise. Quand j’ai voulu créer une entreprise en France, j’ai découvert qu’en tant qu’étranger, je n’avais pas le droit de conserver mon travail salarié en parallèle. Pour pouvoir créer ma société ici, il aurait fallu que j’abandonne mon statut de salarié, et que je prenne une « carte de commerçant étranger » (la dénomination même de cette carte révèle un problème de perception de l’étranger ; dans l’inconscient collectif, l’étranger qui crée une entreprise ne peut-être que commerçant). Et si par malheur mon activité en venait à ne pas fonctionner, pour retourner à mon statut de salarié il aurait fallu que je repasse par une procédure de changement de statut. La création d’entreprise en France (et donc de valeur) était déraisonnable voire quasiment impossible à l’époque. Conclusion : j’ai créé mon entreprise à Londres où  je n’ai jusqu’à aujourd’hui jamais mis les pieds parce que c’était plus simple qu’en France où j’ai passé le plus de temps dans ma vie !

Comment, face à ces situations, penser qu’un étranger puisse devenir « créateur de valeur », alors même qu’on s’est acharné à lui dire, tout au long de son parcours, qu’on ne voulait pas de lui (no you can’t) ? Le drame est que c’est la France qui en souffre sans doute le plus : si elle réussissait à  pousser ses immigrés à être des créateurs, il n’y aurait sans doute moins de problèmes d’immigration en France. Et j’en suis certain : tant que la France n’arrivera pas à intégrer cette richesse supplémentaire, ce formidable vivier de créativité et de visions différentes, il n’y aura pas de Google ou de Twitter créé en France.

Mais il y a quelque chose de fascinant dans ce pays, c’est qu’à chaque fois qu’on essaie de le diaboliser, on se retrouve face à des gens qui vous obligent à revoir votre jugement. Pour reprendre l’image des portes du métro, on tombe (souvent par hasard) sur des gens qui vous tiennent le portillon voire vous aident à le passer. Une personne que je ne citerai pas a cru en moi et en mon projet, et m’a tenu la porte. Et croyez moi, je tiendrai la porte pour celui qui passera derrière moi. C’est ce que je trouve formidable dans La Cantine. Si je devais répondre à la question « qu’est ce que la Cantine », je répondrais : c’est un endroit où on te tient la porte pour que tu avances. Il faut plus d’endroits comme celui là en France.

D’autres portes se sont ouvertes pour moi. Tout d’abord, je me suis marié, et ma femme a demandé et obtenu la nationalité française ; j’ai ainsi pu avoir une carte « vie privée/vie familiale » qui me permet désormais de créer une entreprise sans  contrainte. Mais ce qui rend ma réussite en France possible, c’est peut-être aussi autre chose. Quand j’ai eu 15 ans, mon père m’a offert le poème de Rudyard Kipling, qui se termine ainsi :

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,
Alors les Rois les Dieux la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,
Tu seras un homme mon fils !

Avec un cadeau pareil, je crois que beaucoup de choses sont possibles !

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Vive la France.fr !

Super dupont

A peine sortis de la coupe du Monde, les vuvuzuelas de la honte sonnent à nouveau mais sur Techcrunch cette fois.  Quel terrible lancement pour cette vitrine de la France sur Internet.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous n’apprenons pas de nos erreurs. Un flashback sur le lancement du géoportail s’impose (pour mémoire).

Un lancement le jour de la prise de la Bastille était certainement un symbole à ne pas rater. Mais justement, on ne prend pas le web comme on prend la Bastille.

Alors comme je suis Français, que j’ai honte et que je me sens proche de France.fr (nous sommes nés le même jour), je me permets quelques conseils :

1)   arrêter de penser « monument(al) »

L’ « état » France sait faire des musées, des autoroutes, le viaduc de Millau, … Mais l’économie de l’immatériel n’est plus le royaume des ingénieurs mais plutôt celui des innovateurs, des explorateurs. Les dispositifs ne peuvent plus être pensés de façon monolithique. les investissements sur un projet d’innovation ne peuvent être conçus qu’en trois tiers : infrastructure, animation, évolution. Et l’infrastructure au lancement, n’est qu’une fraction minime de l’ensemble du projet. Un projet n’existe pas quand un élu coupe le ruban comme un cordon ombilical, au contraire, c’est là que tout commence. L’économie numérique a par définition des contingences qui dépassent le… matériel (et encore, on peut vraiment se demander pourquoi France.fr ou Géoportail ont « planté » si durablement à leur lancement si l’ingénierie avait été correctement étudiée en amont).

2)   « un tout ch’ti tien vaut mieux qu’un mégalo tu l’auras »

Il s’agit d’abord d’exister pour convaincre, l’humilité et l’ouverture sont alors nos premières vertus. Jouons sur nos qualités, assumons notre image sur la scène internationale (ahh, le premier site de Michel Meyer dans la Silicon Valley en 1995 : Virtual Baguette !). Le facteur du Nord Pas-de-Calais a peut-être plus de potentiel sur Internet pour promouvoir la France qu’un cyborg à bicorne, élevé sur le plateau de Saclay et dopé aux stéroïdes plan-calcul . Pour jargonner, un anglo-néologisme que j’aime bien : la « beautility » (de beauty et utility), faire bien, très bien et aussi élégant que possible une seule chose. Le web aime les beaux petits spécialistes rapides. Il n’y a pas d’hégémonie proclamée sur Internet !

3)   grandir avec ses utilisateurs

Les projets innovants .fr portent souvent comme les Dupondt chez Tintin la moustache dès la naissance. Le cas IGN et de France.fr sont classiques et font par ailleurs ressortir la qualité plus discrète des télé-déclarations : elles ont dès le départ proposé des avantages et des aménagements qui leur ont permis une croissance et une fiabilité remarquable. En France, quand on se lance, on veut un projet qui rattrape tous les retards et qui soit exhaustif. On ne dit jamais assez que Google lance ses bêtas en à l’abri de nombreux clics de sa homepage pour démarrer « en douceur » et qu’un site comme YouTube réalise des mises-à-jour majeures de son site en permanence, ce qui permet à ses responsables de dire fièrement, avec la diffusion de plus de 2 milliards de vidéos chaque jour : « C’est quasiment le double de l’audience en prime-time des trois principales chaînes de télévision américaines réunies« . L’audience se construit de façon organique sur Internet, c’est une évidence. Alors la construction d’une plate-forme (« scalabilité », fonctionnalités, etc) ne peut se faire qu’au contact de ses utilisateurs, en les regardant « comme le lait sur le feu ».

4)   « de défaite en défaite jusqu’au succès »

Certes, la phrase est prêtée à Churchill qui n’était pas très français mais les Anglais ont bien dit « honni soit qui mal y pense » (les perfides). Parfois, quand le match est perdu, on peut refaire le match pour apprendre, rire ou pleurer mais il faut prendre acte. Il s’agit alors de se préparer pour le prochain match. On peut alors se demander pourquoi le Géoportail n’a pas été le premier à prendre le virage des « opendata » tant à la mode.  Un des bonheurs de notre métier, quand on a la chance de durer (et c’est bien la différence entre les start up et les acteurs établis dont les financements sont assurés pour longtemps), c’est que les derniers peuvent être les premiers… Je n’ai malheureusement toujours pas visité France.fr mais vraiment, nous aurions tous pu y participer, proposer, tester et assurer ainsi un lancement réussi : une série de Barcamps ? une plate-forme de consultations publiques et/ou privées ? Un lancement en version Alpha sur invitation ? Une bêta pour ceux qui se préinscrivent ? La modularité de l’architecture et des services en s’appuyant sur des partenaires ?

Car oui, France.fr existe déjà un peu partout, elle est « up and running » et cela fait mal de voir tant de travail ridiculisé en un message d’indisponibilité, somme toute assez franchouillard : la concierge doit être dans l’escalier. Mais, restons français donc positifs, maintenant elle le dit en Anglais, en Allemand, en Espagnol et en Italien !

France-fr-gd

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Pink Hair and Dinner in London

PinkWhen was the last time you saw a girl with pink hair in Paris?  When was the last time you saw two masculine lesbians kissing passionately on the street?  When was the last time you saw a man wearing a blue fur suit in Paris?  In short, where are all the “freaky” people?  Where are all the brave, creative expressions of human diversity?

The French are an intelligent, elegant, sexy, fun-loving, equality-valuing group – and I love them for that – but I wonder why there are so few – to use the phrase of author Malcom Gladwell – “Outliers.”   Are the French simply all well-adjusted, happy people who don’t carry the psychological pain, angst or longing that sometimes drives the wilder modes of self expression?  Or is there something about French culture that simply makes it too scary, too unacceptable, that costs too much to allow the French freaks to be freaky right here at home (much less the foreign freaks to make Paris their home)?

These are important questions for me personally and for the subject of our dear blog.

My home town, San Francisco, is a Mecca for “alternative life-styles” and it also happens to be the center of the most successful, creative, tech business community in the world.   I can’t help thinking the two are connected.  Perhaps the same freedom that people feel to express themselves openly in San Francisco also encourages the wild ideas – hello, a whole social network based on updates not more than 140 characters? – to FLOURISH.

Of course, being a place where people from all over the world can come to express their personal creativity and their personal wildness also generates the diversity of talent that our little tech gems need to succeed.   When I think of the cities where I am most likely to see the girl with the pink hair or the guy in the blue furry suit – New York, Berlin, London – they also tend to be the most international.

A few weeks ago after some business meetings in London, a group of us spontaneously gathered for dinner at a fashionable vegan restaurant in throbbing  Shoreditch.  There were seven of us at the table.  The group included some talented people from a digital creative agency and a few that work for successful Internet companies like Last.fm and Spotify.  Suddenly, it hit me.  Out of the seven people at the table, we came from seven different countries.  God, I love that.

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Why Only in Silicon Valley ? Pourquoi ?

Tweet de Dave Mc ClureMais quel est donc cet ingrédient magique, ce composant X qui fait du Coca de Californie, le Coca Cola alors que nos meilleures initiatives Breizh Cola, Corsica Cola, Etc Cola, font sourire. Pourquoi avons-nous la condescendance quand ils ont la super-puissance ? Why Only in Silicon Valley ?

Je me suis souvent dit que TechCrunch était un outil dangereux, en tout cas, totalement asymétrique : il privilégie, bien sûr, les start up de la Silicon Valley. Il n’y a qu’à lire les articles de Michael Arrington – un blogger star parmi d’autres mais tout à fait représentatif de sa condition – a fortiori quand il ne parle pas de technologie, pour se convaincre qu’un porteur de projet, un créateur de technologie ou d’entreprise, a plus de chance de le croiser dans la rue à la sortie d’un Starbucks ou d’un fast food à San Francisco qu’à une terrasse de café ou dans la salle d’un restaurant parisiens. il ne s’agit pas uniquement des lieux mais aussi de culture, et pour vous en persuader, revenez à cette ancienne polémique entre deux blogueurs stars, Michael, champion US poids lourd ici et notre Loïc Le Meur national (NDLA : rassurez vous, Michael Arrington était bien à Paris et toujours aussi désagréable en 2009). Et celui qui a connu le frisson de la parution sur TechCrunch.com comme celui qui ne l’a pas encore connu sait que cet homme fait la pluie et le beau temps sur la toile. Plus fort encore cet article de Robert Scoble, lors de cette rencontre annuelle, disons plutôt ce moment de villégiature pour les « gens qui comptent » dans nos métiers quand ils viennent à Paris avant Noël et qu’ils nous découvrent, comme Livingstone, nous les pygmées digitaux, cet article reste pour moi un sommet . Et quand on sait que notre Loïc national, celui là même qui organise une fois par an, en France, à Paris, la rencontre des « gens qui comptent dans notre métier », est parti s’installer à San Francisco, la boucle est bouclée : vous voulez réussir ?  Une seule réponse : « only in Silicon Valley ».

Revenons à ce tweet anodin (illustration) reçu la semaine dernière du très sympathique et compétent Dave Mc Clure, pas un blogueur acariâtre, lui, mais un mélange rare d’entrepreneur, d’expert marketing de haut vol, de business angel aux pouces verts, d’infatigable conférencier et d’activiste pro start up (une de ses dernières grandes causes, le start up visa, me fait penser aux points de Tuhin), quand je l’ai rencontré il y a quelques années, tout millionnaire qu’il était déjà sans doute, il dormait dans une auberge de jeunesse dans le XIXème arrondissement et se faisait un devoir de mieux comprendre les pygmées, leurs us et leurs coutumes. Tout est dans ce message de moins de 140 caractères. On y apprend donc que c’est seulement dans la Silicon Valley, que, pendant la conférence Google IO, principal événement de l’année organisé par l’acteur majeur du web à San Francisco, on peut se retrouver à table avec un des principaux business angels de la Valley, ancien directeur marketing de PayPal, un des principaux venture capitalists des Etats-Unis (Fred Wilson, associé chez Union Square, basé à New York, heureux investisseurs de nombreux éditeurs open source mais aussi de del.icio.us, Feedburner, Zynga, Twitter, … et même de mon cher foursquare), le plus influent organisateur de conférence « web » (Brady Forrest, fondateur d’Ignite et aujourd’hui responsable des conférences Web 2.0 Expo et Where 2.0, blogueur pour le Radar d’O'Reilly), et enfin l’un des 5 blogueurs les plus puissants de la « nouvelle économie » (Robert Scoble, dont j’ai parlé plus haut). Et qu’est ce qu’ils se racontent ? Et bien des choses awesome, donc géniales ! On s’en doutait et on imagine bien sûr que c’est l’avenir de nos métiers, peut-être même du web tout entier qui se décide comme ça un peu par hasard à une table du Moscone Center.

Quelles leçons en tirer ? Et bien que pour devenir forts et « compter », il faut assurer les conditions du hasard et de son efficience, puisqu’en matière d’innovation, nous le savons bien, le hasard est un moyen (la sérendipité, la cafétéria du Xerox Park, les bêtises de Cambrai, la théorie de la gravitation universelle, La Cantine…). Pour conclure, voici quelques objectifs à satisfaire pour atteindre ce résultat et faire en sorte que ce miracle apparaisse not only là-bas :

  1. Développer des médias d’influence internationale ancrés localement : il nous faut vite des sites de référence (TechCrunch, Mashable, ReadWriteWeb, Scobleizer, etc), en Anglais, dont les journalistes soient physiquement présents et prennent part de façon active à la promotion de notre écosystème ;
  2. Organiser des événements réguliers qui réuniront les acteurs et les penseurs des domaines que nous visons (la culture, la ville et la mobilité sont de bons sujets par exemple), ces événements doivent associer des têtes d’affiche, un contenu exclusif, tout au moins de grande qualité, des modernes plutôt que des anciens, et des moments et des espaces de convivialité ;
  3. Affirmer et partager une plus grande attention (une obsession ?) à la forme. Je l’avoue ici, Robert Scoble a en partie raison : nous devons adopter les pratiques des meilleurs, nous soumettre à la netiquette et, au moins dans un premier temps, son impérialisme californien et ses lubies. Enfin, surtout, nous devons en France mieux maîtriser la forme et mieux communiquer. Chacune des conférences TED ou de ses réplications TEDx, dont l’objectif est de présenter « the world’s most fascinating thinkers and doers, who are challenged to give the talk of their lives (in 18 minutes) » me fait penser à cette forme qui sublime le fond et que nous avons tant de mal en France à comprendre et utiliser comme l’arme qu’elle peut être ;
  4. Etre disponible et répondre avec intérêt et curiosité aux sollicitations, non pas uniquement quand on est demandeur et débutant mais encore et surtout quand on parvient au meilleur niveau de compétence et de notoriété de son domaine.

Enfin, une fois que ces 4 objectifs seront atteints, j’espère pouvoir compter sur vous pour nous faire savoir aussi largement que possible avec qui vous étiez à table pour cette awesome conversation !

-S/.

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עורי שממה (réveille-toi désert / wake up you wasteland)

PikiWiki_Israel_4598_Tel-Aviv_1934 צולם על ידי דר’ הנס לוירר1934 – סריקת תשלילים יהונתן לוירר 2007

So.. I took up on Stéphanes challenge, here is my first ever Hebrew blog posting,

[This was a nice try... but due to popular demand I am posting here a quick translation so the rare people who do not read Hebrew can enjoy my musings. Original hebrew text follows]

A long time last time passed since I last wrote prose in Hebrew, and this is certainly the first time I write about technological matters in my mother tongue. I immigrated from Tel-Aviv to Paris fifteen years ago. Almost all my professional life was here. Now is in fact the first time since, with the HaCantina project in Tel-Aviv, that I am involved in a venture running across the Mediterranean Sea. This is a wonderful opportunity to look at both places. I’ll talk about one area, the only one I know well enough to form a comparison to be interesting: Internet Start-ups.

Israel has changed a lot since I left, and I do not refer to its political landscape. And if there is a strange thing about Israel, it is definitely this kind of total disconnect between the political, security and social situation of the country, and the activity of its  entrepreneurs. As if a magic barrier distinguishes between what we call there the «situation» and the frenzied activity of the entrepreneurs, the ideas people and the businessmen. Not wars, not the economic decline of the poorer, not the toxic status-quo around the relations of religion and state, or the unraveling education system can contain the  energy and optimism of the Israeli high-tech crowd. And in these last fifteen years you could see it flourishing. From individual anecdotes a whole industry has grown, as if again « Wake up you wasteland, your fate has been sealed, we come to conquer you » [reference to a Hebrew song whose words were written by the great Israeli poet Nathan Alterman, you can listen to it here: http://www.zemereshet.co.il/FlashPlayer/player.asp?version_id=1750]. And this bit of land learnt to become one of the Meccas of technological innovation. When I left Israel not every youngling was an entrepreneur. Today when coming to Tel-Aviv you can imagine yourseld in San Francisco. Are heat sand and sea the basic ingredients of a tech greenhouse? Or is it enough to have an iron will, and the effective and long-haul kind of public/private partnerships. I met recently  with a person in charge of Europe in Matimop (the body responsible for funding R&D efforts in Israel). I cannot say I was surprised, but my distant view of the bodies that support research and development in Israel have found even a more substantial proof. Certainly we have here in Paris what to learn in this field. Innovation and entrepreneurship are certainly a story of a culture. But it’s also a story of money. And Israel succeeds in effectively funneling public funds to R&D accompanied with a most serious infrastructure of private equity investors – venture capital – along with the ability to recruit overseas investors – and a willingness and ability to evolve across the Atlantic and its stock markets  in order to raise the funds necessary to complete the development of company. I will simplify: in Israel a venture has a very good chance of finding the appropriate funding methods for each and every stage of its development. This ability to fund the first year or two of the product development and then – to also fund the go-to-market phase creates an atmosphere that gives tremendous confidence to the Israeli high-tech economy. An investor looking at an Israeli company is not forcefully  wrong to believe it has a chance in the world market.

Here in Paris it is quite a different story. It’s not that there aren’t excellent sources of funding for R&D: but they take a different shape; and the expectations of the investors are very different. A short quote [this is now a free translation of a free translation of a free quote... ] from my good friend Stéphane «the definition of success between France and Israel is very different. In Israel having a big exit after two or three years is success. In France you have been successful if after three or four years the company is profitable and has this or other number of employees. ». According to the  French index many more companies in Israel fail. According to the Israeli one France has many failures and very few success stories. French  investors rarely expect for the project their are backing to take the whole world by storm. They expect it to work in France, and perhaps even find a nice niche here or there. No one expects a French Google. They expect a reasonable and conservative business model and a reasonable timeframe to get a reasonable profit. The direct result is triple: Few investors are willing to finance the development of product that has two or three years to market. The bets are smaller… very rarely investors are willing to invest what is needed in developing the final industrial product and carry the marketing expenses. So it is often reasonable to expect here the entrepreneur will find himself in a « funding hiccup » enough to develop to develop an initial offering but without, the ability to pay for the industrial stage, and the necessary marketing.

This conservatism contributes to the cycle conserving this same conservatism. The French entrepreneur knows that not only it will be hard to gather the funding for the first stages of his product but also the next ones will be extremely difficult to get if he wishes to compete on the American market… so he would degrade his ambition from the beginning… or immigrate to San Francisco. It is important to say, that in terms of technological ability France is in no way behind Israel or the U.S.. What is missing here are not engineers. And here there is another difference that may be interesting. I have no statistics on this, so this is a very vague impression: but in France, the majority of technological entrepreneurs come out of business schools. If there is an engineer or a computer geek around they are not even sure to be among the founding partners. Not only that there is much lesser chance for a twenty-too years old engineer to think about creating his own company – it is highly unlikely he knew who to go to in order to raise cash. And if ever there was one…  he is very unlikely he could muster even a penny. I’m pretty sure this has some effect on the types of ventures that get started, and the type of success they achieve.

If you think that the picture I paint is not flattering to France, make no mistake, there are great advantages to Paris as a technological capital. Israel is certainly not only one to change over the last decade and a half. The tech scene also saw significant changes here. France is still torn between the tradition of an old centralized-capitalist model, with giant family owned companies  semi-government and goverement owned companies, what Sarkozy calls our «national champions» — and a more liberal model where there is room for small businesses as a channel of growth. Over the past few years Paris saw many technology companies flourish, and quite a few around open source software, and  many of these, according to the conservative French model, are developing beautifully, and are profitable. But with a significant difference from Tel-Aviv or San Francisco, these companies know how to tighly cooperate between them in this very competitive market. I would imaginve the way they are funded as well as the kind of growth perspective they have carry an influence on this.  One of the things that strike me again and again is the capacity of four or five small companies to cooperate and take upon them projects that only very large companies in the rest of the world can do. I would think that asscoations like « Silicon Sentier » and meeting places like La Cantine, play a role in this. Again, no doubt it is related to culture – and to source of financing. It is easier to finance non profit organizations in France   than in Israel or the U.S.. I’m pretty surethe ecosystem  created here with its solid business culture is unique and can become an impressive  competitive advantage. I do not know if in the near future will come from France a Facebook or Google, but either way these companies are no longer very sympathetic. Certainly we have here what to study  from the Israelis and the West Coast about ambition, and the ability to make it a reality. But the interesting thing to see is whether this ambition can be different and whether the different nature of the local fabric can be translated into a different form of success.

זמן רב עבר מהפעם האחרונה שכתבתי פרוזה עברית, ובודאי זו הפעם הראשונה שאני כותב על ענייני טכנולוגיה בשפת אמי. הגרתי מתל-אביב לפריס לפני כחמש עשרה שנים. כמעט כל חיי המקצועיים עברו כאן. ובעצם זו פעם ראשונה מאז שאני, על רקע מיזם הקנטינה בתל-אביב, פועל מעבר לים התיכון, בין שני המקומות. וזו הזדמנות נפלאה להביט בשני המקומות. אני אדבר על תחום אחד, היחיד שאני מכיר טוב דיו כדי שלהשוואה יהיה עניין, זה של יזמות האינטרנט.

ישראל השתנתה לא מעט מאז עזבתיה, ולא אדבר על פני הארץ מבחינה פוליטית. אם יש דבר מוזר בישראל, זהו ללא ספק איזשהו ניתוק טוטאלי בין הפוליטיקה, המצב החברתי והבטחוני של המדינה, ופעילות היזמים שבה. כאילו מן מחסום קסמים מבדיל בין « המצב » לבין הפעילות הקדחתנית של היזמים, אנשי הרעיונות והעסקים. לא המלחמות, לא ההדרדרות הכלכלית של השכבות החלשות, לא הסטטוס-קוו הרעיל, ולא התפרמותה של מערכת ההשכלה יכולות לאנרגיה ולאופטימיזם של חבורת ההייטק הישראלית. ובחמש עשרה השנים האחרונות ניתן לראות אותה פורחת. מאנקדוטות בודדות תעשייה שלימה צמחה, כאילו שוב  » עורי שממה, דינך נחתך אנו באים לכבוש אותך« . ופיסת הארץ הזאת ידעה להפוך לאחת מערי המכה של החדשנות הטכנולוגית. בעזבי את ישראל לא כל זב-חותםיזם. היום בבואך לתל-אביב נדמית כאילו בסן-פרנסיסקו נחתת. האם לחממה טכנולוגית צריך חום, חול וים? או מספיק רצון ברזל, ושיתוף פעולה ציבורי-פרטי יעיל וארוך נשימה. פגשתי לאחרונה באחראי לאירופה במתימופ. ולא אוכל לומר שהופתעתי, אבל רשמיי המרוחקים מיעילות פעולתֿם של הגורמים התומכים במחקר ופיתוח בישראל מצאו תוקף עוד יותר ניכר. ודאי שיש לנו כאן בפריס מה ללמוד בתחום זה. חדשנות ויזמות הן ודאי סיפור של תרבות. אבל זה גם סיפור של כסף. ובישאל מצליחים לרכז באופן יעיל תקציבים ציבוריים — עם תשתית רצינית ביותר של משקיעים פרטיים והון-סיכון — יחד עם יכולת לגייס משקיעים מעבר לים — ונכונות ויכולת להתפתח מעבר לאוקינוס האטלנטי ולגייס בבורסות שם את הסכומים הנחוצים להשלים את פיתוחה של חברה. אפשט: בישראל למיזם יש סיכוי טוב למצוא בכל אחד משלבי הפיתוח של הפרויקט את מקורות המימון המתאימים. היכולת הזאת למימון הראשוני על פני שנה או שנתיים של מוצרים ואחר-כך יכולת המימון להבאתם לשוק ולפיתוחם יוצרים אוירה שנותנת ביטחון אדיר לכלכלת ההייטק הישראלית. מממן שמסתכל בחברה ישראלית לא טועה כשהוא חושב שיש לה סיכוי בשוק העולמי.

כאן בפריס הסיפור שונה לא מעט. זה לא שלא קיימים כאן מקורות מימון מצוינים למחקר-ופיתוח. אלא שצורתם שונה. וציפיותיהם של המממנים שונים מאוד. אצטט (גם הציטוט וגם התרגום חופשיים ביותר) את ידידי הטוב סטפן « הגדרתה של ההצלחה בין צרפת לישראל שונה ביותר. יזם הצליח בישראל עם תוך שלוש או ארבע שנים עשה אקזיט גדול בארה »ב. אצלנו אם כעבור שלוש או ארבע שנים החברה רווחית ומעסיקה כך וכך עובדים. » על פי המדד הצרפתי בישראל נכשלות הרבה יותר חברות. על פי הישראלי בצרפת יש  הרבה כשלונות ומעט הצלחות גדולות. המממנים  הצרפתים מצפים לעתים רחוקות שהמיזם שהם תומכים בו ייכבוש בסערה את העולם כולו. הם מצפים שזה יעבוד בצרפת, ואולי אף ימצא נישה נחמדה פה או שם. אף אחד לא מצפה לגוגל צרפתי. הם מצפים למודל עסקי סביר ושמרני שיוציא רווח סביר בזמן סביר. התוצאה הישירה מכך משולשת: מעטים המשקיעים שמוכנים לתמוך בפיתוח של שנתיים או שלוש בטרם ייצא המוצר לשוק. ההימורים קטנים יותר… ולעתים רחוקות ביותר מוכנים המשקיעים להשקיע את מה שנחוץ בפיתוח הסופי של המוצר ובהוצאות השיווק. סביר גם הרבה יותר כאן שיזם יימצא את עצמו ב »חור מימוני », די מימון לפיתוח ראשוני, בלי היכולת לממן לא את השלב התעשייתי, ולא את השיווק.

השמרנות הזאת תורמת למעגל שמשמר את השמרנות עצמה. יזם צרפתי יודע שלא רק בשלבים הראשונים של הפיתוח אלא גם בשלבים הבאים יהיה לו קושי רב לגייס את הסכומים הנצרכים להתחרות בשוק האמריקאי ולפיכך הוא מצמצם מראש את ההיקף .. או שהוא מהגר לסן-פרנסיסקן. חשוב לומר: מבחינת היכולת הטכנולוגית ודאי שאין צרפת מאחרת מאחורי ישראל או ארה »ב. מה שחסר כאן זה לא מהנדסים. אולי כאן הבדל נוסף מעניין: אין לי סטטיסטיקה בעניין ומדובר בהתרשמות מאוד כללית: אך בצרפת, הרוב המכריע של יזמים טכנולוגיים בם אני פוגש הם בוגרים של בתי-ספר למנהל עסקים. אם יש מהנדס או איש מחשבים בסביבה, אפילו לא בטוח שהוא בין השותפים. לא רק שיש פה הרבה פחות סיכוי שמהנדס צעיר בין עשרים ושתיים יחשוב להקים חברה — מאוד לא סביר שידע למי לגשת כדי לגייס מימון. ולו מצא… מאוד לא סביר שיצליח לגייס ולו גרוש. אני די בטוח שלכך יש השפעה לא מועטה על סוג החברות סוג ההצלחה של אותן חברות.

אם נדמה שהתמונה שאני מצייר אינה מחמיאה לצרפת, אין לטעות, יש יתרונות גדולים לפריס כבירה טכנולוגית. ובוודאי שלא רק ישראל השתנתה בעשור ומחצה האחרונים. מבחינת הסצנה הטכנולוגית ראיתי שינויים ניכרים גם כאן. צרפת נקרעת עדיין בין מסורת של מודל קפיטליסטי-ריכוזי , בין חברות הענק המשפחתיות, חברות ממשלתיות או חצי-ממשלתיות, מה שקורא לו סרקוזי « אלופים לאומיים », ובין מודל ליבראלי יותר בו יש מקום לחברות קטנות כמנוף של חידושיות וצמיחה. בכמה השנים האחרונות ראתה פריס פריחה של חברות טכנולוגיה רבות, לא מעט מסביב לתוכנות קוד פתוח, ולא מעט מהחברות, בהתאם למודל הצרפתי השמרני, מתפתחות יפה, רווחיות. אלא שבהבדל ניכר מתל-אביב או סן-פרנסיסקו, חברות אלה יודעות לשתף פעולה ביניהן באופן שקשה להעלות על הדעת בתחום כל-כך תחרותי. ודאי לצורת המימון ולאופי-צפי הצמיחה יש על כך אפקט. אחד הדברים שמרשימים אותי פעם אחר פעם היא יכולתן של ארבע או חמש חברות קטנות לשתף פעולה כדי להרים פרויקטים שרק חברות מאוד גדולות יכולות בעולם הגדול לעשות. אגודות כסיליקון סנטייה, ומקומות מפגש כמו לה קנטין, ודאי משחקים תפקיד בכך. ושוב אין ספק שזה קשור לתרבות – ולמקורות מימון. יותר קל בצרפת לממן פעילות אגודתית שלא למטרת רווח מאשר בישראל או בארה »ב. אני די בטוח שהרקמה שנוצרה כאן עם תרבות העסקים הסולידית היא ייחודית ויכולה להפוך לייתרון תחרותי מרשים. אני לא יודע אם בזמן הקרוב ייצא פייסבוק או גוגל מצרפת, אבל בכל מקרה החברות האלה כבר לא כל-כך סמפטיות.  ודאי שיש לנו  פה ללמוד פה מהישראלים כמו מהחוף המערבי על אמביציה, ועל היכולת להפוף אותה למציאות. אבל הדבר המעניין לראות הוא אם האמביציה יכולה להיות שונה והאם האופי השונה של המרקם המקומי יתורגם גם להצלחות בעלות אופי אחר.

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