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Vive la France.fr !

Super dupont

A peine sortis de la coupe du Monde, les vuvuzuelas de la honte sonnent à nouveau mais sur Techcrunch cette fois.  Quel terrible lancement pour cette vitrine de la France sur Internet.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous n’apprenons pas de nos erreurs. Un flashback sur le lancement du géoportail s’impose (pour mémoire).

Un lancement le jour de la prise de la Bastille était certainement un symbole à ne pas rater. Mais justement, on ne prend pas le web comme on prend la Bastille.

Alors comme je suis Français, que j’ai honte et que je me sens proche de France.fr (nous sommes nés le même jour), je me permets quelques conseils :

1)   arrêter de penser « monument(al) »

L’ « état » France sait faire des musées, des autoroutes, le viaduc de Millau, … Mais l’économie de l’immatériel n’est plus le royaume des ingénieurs mais plutôt celui des innovateurs, des explorateurs. Les dispositifs ne peuvent plus être pensés de façon monolithique. les investissements sur un projet d’innovation ne peuvent être conçus qu’en trois tiers : infrastructure, animation, évolution. Et l’infrastructure au lancement, n’est qu’une fraction minime de l’ensemble du projet. Un projet n’existe pas quand un élu coupe le ruban comme un cordon ombilical, au contraire, c’est là que tout commence. L’économie numérique a par définition des contingences qui dépassent le… matériel (et encore, on peut vraiment se demander pourquoi France.fr ou Géoportail ont « planté » si durablement à leur lancement si l’ingénierie avait été correctement étudiée en amont).

2)   « un tout ch’ti tien vaut mieux qu’un mégalo tu l’auras »

Il s’agit d’abord d’exister pour convaincre, l’humilité et l’ouverture sont alors nos premières vertus. Jouons sur nos qualités, assumons notre image sur la scène internationale (ahh, le premier site de Michel Meyer dans la Silicon Valley en 1995 : Virtual Baguette !). Le facteur du Nord Pas-de-Calais a peut-être plus de potentiel sur Internet pour promouvoir la France qu’un cyborg à bicorne, élevé sur le plateau de Saclay et dopé aux stéroïdes plan-calcul . Pour jargonner, un anglo-néologisme que j’aime bien : la « beautility » (de beauty et utility), faire bien, très bien et aussi élégant que possible une seule chose. Le web aime les beaux petits spécialistes rapides. Il n’y a pas d’hégémonie proclamée sur Internet !

3)   grandir avec ses utilisateurs

Les projets innovants .fr portent souvent comme les Dupondt chez Tintin la moustache dès la naissance. Le cas IGN et de France.fr sont classiques et font par ailleurs ressortir la qualité plus discrète des télé-déclarations : elles ont dès le départ proposé des avantages et des aménagements qui leur ont permis une croissance et une fiabilité remarquable. En France, quand on se lance, on veut un projet qui rattrape tous les retards et qui soit exhaustif. On ne dit jamais assez que Google lance ses bêtas en à l’abri de nombreux clics de sa homepage pour démarrer « en douceur » et qu’un site comme YouTube réalise des mises-à-jour majeures de son site en permanence, ce qui permet à ses responsables de dire fièrement, avec la diffusion de plus de 2 milliards de vidéos chaque jour : « C’est quasiment le double de l’audience en prime-time des trois principales chaînes de télévision américaines réunies« . L’audience se construit de façon organique sur Internet, c’est une évidence. Alors la construction d’une plate-forme (« scalabilité », fonctionnalités, etc) ne peut se faire qu’au contact de ses utilisateurs, en les regardant « comme le lait sur le feu ».

4)   « de défaite en défaite jusqu’au succès »

Certes, la phrase est prêtée à Churchill qui n’était pas très français mais les Anglais ont bien dit « honni soit qui mal y pense » (les perfides). Parfois, quand le match est perdu, on peut refaire le match pour apprendre, rire ou pleurer mais il faut prendre acte. Il s’agit alors de se préparer pour le prochain match. On peut alors se demander pourquoi le Géoportail n’a pas été le premier à prendre le virage des « opendata » tant à la mode.  Un des bonheurs de notre métier, quand on a la chance de durer (et c’est bien la différence entre les start up et les acteurs établis dont les financements sont assurés pour longtemps), c’est que les derniers peuvent être les premiers… Je n’ai malheureusement toujours pas visité France.fr mais vraiment, nous aurions tous pu y participer, proposer, tester et assurer ainsi un lancement réussi : une série de Barcamps ? une plate-forme de consultations publiques et/ou privées ? Un lancement en version Alpha sur invitation ? Une bêta pour ceux qui se préinscrivent ? La modularité de l’architecture et des services en s’appuyant sur des partenaires ?

Car oui, France.fr existe déjà un peu partout, elle est « up and running » et cela fait mal de voir tant de travail ridiculisé en un message d’indisponibilité, somme toute assez franchouillard : la concierge doit être dans l’escalier. Mais, restons français donc positifs, maintenant elle le dit en Anglais, en Allemand, en Espagnol et en Italien !

France-fr-gd

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Comments

Pour l’anecdote, le premier projet présenté coutait 600 K€ pour la V1 et avait pour objectif d’être lancé à l’occasion de la présidence française de l’UE. Plus de 2 ans et 1,6 M€ plus tard, c’est accablant. Seule consolation : c’est une start-up qui n’a pas démérité qui est derrière une partie des devts.

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